Les aventures de Louise-Solange, veuve dans le huitième arrondissement (2)

Publié le par Red Baroon

poupy3

 

11h30, nous voila au parc Montsouris. Une fois de plus Poupy a envie de faire la grosse commission. Mon dieu, comment un si petit être peut-il contenir autant de merde ? Cet animal a des subtilités topologiques qui m’échappent. Haaa non tu vas pas faire caca dans une allée mon chienchien ! Viens on va sur une pelouse. Demain c'est dimanche et les familles vont pique-niquer, ils auront pas fait le voyage pour rien. Dessert surprise : éclair au chocolat ! Ca leur apprendra à bouffer leurs rillettes et leur sauciflard sur les pelouses de nos beaux parcs parisiens comme des foutus gitans ! Hmmmm Poupy il est bien liquide ce popo… J’espère que nos amis les beaufs n’auront rien contre une bonne mousse au café ?

Allez hop on va à la mare ! Comme d’habitude les deux SDF sont là. Ils ont fière allure avec leurs vieux fûtes constellés de taches de picrate. Pffff, ils sont complètement léthargiques ! Les 3 cadavres de boutanches de pastaga Leader Price qui gisent à leurs cotés témoignent de l’ampleur de la grasse qu’ils ont dû se coller la veille. Ca va être compliqué d’attirer leur attention…

Je me poste à une vingtaine de mètres et commence à marmiter les canards à grands renforts de poignées de pain frais. Je n’attends qu’une chose : que ces deux pochards se lèvent pour me chercher des noises. Ca me permettra de tester le taser que je me suis payé pour mon anniversaire. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je me délecterais de poser 100 000 volts dans les roubignolles de ces deux parasites. Mais rien à faire : ils sont aussi lessivés que l’arrière-garde de la Grande Armée en déroute et ils écrasent comme des souches dans les bras de Morphée 51. Je me rapproche. 10 mètres. J’interpelle les canards –petit petit ! –, je crie mais les deux déchets humains ne remuent pas d’un iota. Poupy, sans doute inspiré par l’odeur –mélange de sueur, d’anis et d’excréments– qui émane des deux suppôts de Bacchus, s’en va pisser contre l’arbre sur lequel ils sont adossés. Bonne initiative mon toutou d’amour mais nos deux loques humaines ne semblent pas s’en soucier : même un 747 au décollage ne les réveillerait pas, les cons ! En désespoir de cause je me mets à leur jeter les bouts de pain directement au coin de la gueule. Il n’en faut pas plus pour que quelques canards aventureux sortent de la mare et entreprennent de tortorer leur pitance à même les deux rebuts de l’humanité. Et hop un coup de bec dans les joyeuses, ça doit faire mal… Du coup l’un des deux clochetouilles s’ébroue mollement et pousse un gémissement plaintif à mi-chemin entre le couinement d’un pourceau et le cri d’elephant-man. Ca fait tellement froid dans le dos que même les canards se débinochent et retournent dans la mare ! Et le tétineur outragé de se rendormir comme si de rien était… Dégouttée, je balance les trois sandwichs thon-mayo sur les deux raclures. Flûte, voila les gardiens qui rappliquent, manquaient plus qu’eux… Comment ça, je respecte pas la dignité humaine ? Et la charité tu connais, ducon ? Tu sais que c’est avec mes impôts qu’on paye les clowns comme toi ? Mais oui c’est ça appelle la maison poulaga si tu veux. Entre les gardiens, les poulardoches et les deux sacs à vin sous leur arbre, ca fera une sacrée brochette de prix Nobel, les débats vont voler haut ! Laissez-moi deviner, vous allez parler physique quantique ? Allez viens Poupy on va manger, marre des cons. Haaa, une bonne terrasse de brasserie parisienne, quoi de mieux pour se sustenter paisiblement ? Le garçon vient prendre ma commande. Vu sa démarche précieuse, nul doute qu’il donne dans la bagouze à molette. Décidemment c’est une épidémie, comment font-ils pour se reproduire si vite dans la famille pédaloche, ils se clonent les uns les autres ? Une salade du chef et un tartare s’il vous plait. Sans condiments le tartare, ça donne des aphtes à Poupy. Il me regarde bizarrement et me dit de son petit air supérieur que la maison ne sert pas à manger aux animaux. Ben quoi, elle a un problème la virgule flottante ? Elle a jamais vu un chien manger de la viande ? Ca te choque plus que de te faire emplâtrer le kouglof par ton ptit ami peut-être ? Viens Poupy on met les voiles, je suis sûr qu’ils seront plus conciliants dans la brasserie d’en face.

 

(à suivre...)

Publié dans Textes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

rognon 18/04/2010 17:25


Ca y est ? Le blog s'est autodétruit ?


Red Baroon 19/04/2010 07:25



Non, pas tout à fait. Je vais encore le garder sous respiration artificielle quelque temps...



rotule 15/04/2010 04:09


pitié la suite !!!!!!!!!